11/12/2017

Pumpkin ginger snaps | Cookies moelleux au potimarron et gingembre


 
 
Il suffit parfois d'un thé chaud, de quelques biscuits épicés et d'un plaid pour transformer un après-midi d'automne en un tableau des merveilles à contempler, goûter, dévorer...
 
Rose d'Automne
Nérée Beauchemin

Aux branches que l’air rouille et que le gel mordore,
Comme par un prodige inouï du soleil,
Avec plus de langueur et plus de charme encore,
Les roses du parterre ouvrent leur coeur vermeil.

Dans sa corbeille d’or, août cueillit les dernières :
Les pétales de pourpre ont jonché le gazon.
Mais voici que, soudain, les touffes printanières
Embaument les matins de l’arrière-saison.

Les bosquets sont ravis, le ciel même s’étonne
De voir, sur le rosier qui ne veut pas mourir,
Malgré le vent, la pluie et le givre d’automne,
Les boutons, tout gonflés d’un sang rouge, fleurir.

En ces fleurs que le soir mélancolique étale,
C’est l’âme des printemps fanés qui, pour un jour,
Remonte, et de corolle en corolle s’exhale,
Comme soupirs de rêve et sourires d’amour.

Tardives floraisons du jardin qui décline,
Vous avez la douceur exquise et le parfum
Des anciens souvenirs, si doux, malgré l’épine
De l’illusion morte et du bonheur défunt.







INGRÉDIENTS POUR 36 BISCUITS :

 115 g de beurre doux
200 g de sucre en poudre
200 g de purée de potimarron
6 cl de miel
1 oeuf
1 cuill. à café d'extrait de vanille
300 g de farine
2 cuill. à café de bicarbonate alimentaire
2 cuill. à café de cannelle en poudre
1 1/2 cuill. à café de gingembre
1/2 cuill. à café de sel fin

PRÉPARATION :

1. Dans un saladier, battre le beurre pommade et le sucre en poudre jusqu'à obtention d'un mélange crémeux.

2. Ajouter la vanille, l'oeuf et la purée de potimarron et mélanger à l'aide d'une cuillère en bois.

3. Dans un récipient, tamiser la farine, le bicarbonate, le sel fin et les épices.

4. Incorporer à la farine le mélange à base potimarron. Former une boule de pâte. (Ajouter un peu de farine si cette dernière reste collante. Point trop cependant, les cookies seraient trop secs et doivent rester moelleux).

5. Envelopper la pâte dans un film et laisser reposer une heure au réfrigérateur.

6. Une fois cette heure passée, préchauffer le four à 180°C. Prélever un peu de pâte et la rouler entre les mains de façon à obtenir une boule. Rouler cette dernière dans un mélange de sucre en poudre et épices la poser sur une plaque de cuisson recouverte de papier sulfurisé. Renouveler l'opération. Faire cuire 10 à 12 minutes. A la sortie dur four laisser refroidir sur une grille.








11/07/2017

Butternut and Christmas spices bundt cake | Bundt cake au potimarron et épices de Noël


La maison est rue de la Vieille Église, protégée des regards indiscrets. Les années défilent et des constructions modernes la bordent désormais de toute part. Ses arbres centenaires, tels des remparts, l'isolent du temps qui passe, c'est une résistante, une invincible gauloise dans son écrin de verdure.
On accède au jardin par un portail de bois blanc, portail sur lequel je montais péniblement alors âgée de six ans et que je laissais s'ouvrir sous l'effet de la pente douce, c'était mon manège à moi. Les graviers épousent la pelouse entretenue avec soin et dessinent les chemins des Nord et Sud. Les parterres bordant l'éternel muret de pierre blanche, sont fleuris de roses, de tulipes, de pensées ou encore d'amour. La pierre est colonisée par l'alysse à la douce odeur de miel quand ses bourgeons viennent à éclore. 
Je m'y suis assise ici, je m'y suis racontée des histoires : tantôt princesse, tantôt aventurière. Et puis la terrasse de dalles grises qui, lorsqu'on suit les courbes de la maison, amène au bassin, tout en arrondi. Je me vois encore descendre les marches du perron pour me précipiter sous les cerisiers dont les branches pliaient sous le poids des fruits. Le mois de juin c'était la course aux oiseaux, les empêcher de cueillir cette chair rouge et sucrée pour s'en régaler ou égayer mon teint de friandes boucles d'oreilles. Le potager, désormais transformé en un joli massif, débordait de pommes de terre, de poireaux ou encore de carottes. Je longeais toujours la pierre comme fil conducteur d'une promenade gourmande. Poiriers, pommiers, groseilliers louvoyaient une serre dans laquelle tomates, rhubarbe et fraises déployaient leurs parfums. 
Une fois mes escapades terminées je remontais à vive allure vers la maison, dans laquelle j'entrais rapportant avec mois quelques feuilles de laurier dont j'affectionnais particulièrement la senteur. "C'est drôle comme elles ont l'odeur d'un plat d'hiver, d'un plat réconfortant..." me disais-je.
Je filais alors dans la cuisine où, très souvent une teurgoule attendait patiemment, dans le four, de voir sa surface brunir puis se craqueler légèrement. 
Mamie, assise dans le petit salon de velours vert olive regardait les jeux télévisés, j'admirais sa vivacité d'esprit, sa faculté pour donner la réponse avant même que l'animateur ait terminé de poser sa question. Aujourd'hui encore, il me démange de l'inscrire... 
Bon Papa, était dans son atelier, une véritable cabane perchée. On le devinait aux grands airs de classiques s'en échappant. Wagner, Bach, Ravel, Mozart, étaient alors tous conviés pour le thé. Je montais discrètement les marches et je l'épiais : penché sur sa toile, son vieux mégot suspendu à la commissure des lèvres, il exécutait de petits gestes précis au pinceau. L'acrylique rose poudré pour l'arrondi d'un sein, un rouge plus soutenu pour une lèvre charnue, un noir mêlé au brun pour le reflet d'une mèche de cheveux. C'était son truc, représenter la femme dans toute sa nudité, lui donner forme et délicatesse à l'aide de la martre. Un port altier, une élégante cambrure de reins, un collier de perles et parfois une robe légère où joue la transparence, caractérisent ces dames imaginaires. Danseuse espagnole, bohémienne, fille des champs, amante ou encore romantique habillent les murs de la maison. C'est une ode à la féminité et au charnel en costume de grâce. J'aimais sentir cette odeur de pigments mélangés à la résine, savoir que les couleurs dansaient sur des fibres de coton.
Une fois ma mission secrète achevée, je retournais au salon, m'asseyais en tailleur et je plongeais mon bras dans le bocal à friandises. La nuit tombait, baignant la Pommeraie dans un clair-obscur. Je devinais, par la fenêtre, l'ombre des fleurs quand l'été régnait, et le boléro des flammes d'un feu de cheminée quand l'hiver s'installait. 
J'entends encore le parquet craquer, la chouette hululer et les ailes des papillons s'agiter. J'ai à l'oreille le tintement de la cuillère plongée dans une soupe à la tomate ou encore le fracas des heures qui passent et que la vieille horloge se charge de sonner. J'ai l'odeur du risotto qui laisse mes sens en éveil. Sous mes pieds nus, je sens la pierre froide et polie des marches menant au grenier. Je respire le parfum du bois et de la terre battue dans la cave au sous-sol, mêlée aux volutes de lessive. 
J'ai soudainement à l'esprit, une carte postale de Noël. Les santons sur le buffet, le sapin près de la bonnetière et le vestibule où résonne les rires des enfants, des frères, des soeurs, des cousins et des cousines. Les verres de whisky qui s'entrechoquent, la chaleur des pièces, la fatigue qui lentement s'empare de nous tous.
Je perçois le bruit sourd des conversations autour d'une table de bridge s'élevant jusque dans la petite chambre et  me berçant quand vient l'heure de dormir.
Et je ne sais alors plus si c'est un souvenir ou un rêve, mais je le garde au chaud, là, contre mon coeur.



INGRÉDIENTS POUR UN GÂTEAU DE 12 PARTS :

250 g de sucre
70 g de sucre muscovado
20 cl d'huile d'olive
Le jus d'une orange + le zeste
4 oeufs
400 g de purée de potimarron
390 g de farine
1 cuill. à café de sel
1 cuill. à café bicarbonate alimentaire
2 cuill. à café de cinq épices

Glaçage :

125 g de fromage frais
125 g de sucre glace
1 cuill. à café de vanille liquide
Le jus d'une orange

PRÉPARATION :

1. Préchauffer le four à 180°C, beurrer et fariner un moule à bundt cake (ou savarin).

2. Dans un récipient mélanger au fouet le sucre et l'huile d'olive. Ajouter les oeufs un à un en battant bien après chaque ajout. Incorporer le jus de l'orange. Ajouter la purée de potimarron. Réserver.

3. Dans un saladier, tamiser la farine, le sel, le bicarbonate alimentaire les épices et le zeste d'orange.

4. Incorporer le mélange de farine à la préparation au potimarron. Verser dans le moule et faire cuire pendant 50 à 55 minutes. Vérifier la cuisson à l'aide d'un pic en bois qui doit ressortir propre et sec du gâteau en fin de cuisson. Laisser refroidir.

5. Préparer le glaçage : battre le fromage frais, le jus d'orange et le sucre glace. Répartir ce glaçage sur l'ensemble du gâteau. Mettre au frais une heure.



9/28/2017

Galette Saint-Pierre



Une galette au beurre, que l'on mangerait sur un rocher, là à l'écoute des flots, le coeur empli de leurs échos...


Clair de lune

La lune était sereine et jouait sur les flots. 
La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise,
La sultane regarde, et la mer qui se brise,
Là-bas, d’un flot d’argent brode les noirs îlots.

De ses doigts en vibrant s’échappe la guitare.
Elle écoute… Un bruit sourd frappe les sourds échos.
Est-ce un lourd vaisseau turc qui vient des eaux de Cos,
Battant l’archipel grec de sa rame tartare ?

Sont-ce des cormorans qui plongent tour à tour,
Et coupent l’eau, qui roule en perles sur leur aile ?
Est-ce un djinn qui là-haut siffle d’un voix grêle,
Et jette dans la mer les créneaux de la tour ?

Qui trouble ainsi les flots près du sérail des femmes ? 
Ni le noir cormoran, sur la vague bercé,
Ni les pierres du mur, ni le bruit cadencé
Du lourd vaisseau, rampant sur l’onde avec des rames.

Ce sont des sacs pesants, d’où partent des sanglots.
On verrait, en sondant la mer qui les promène,
Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine… 
La lune était sereine et jouait sur les flots.

2 septembre 1828


Victor Hugo, Les Orientales, 1829






INGRÉDIENTS POUR UNE GALETTE A PARTAGER :

250 g de farine
1/2 sachet de levure chimique
150 g de sucre en poudre
180 g de beurre demi-sel de Bretagne
5 jaunes d'oeuf

PRÉPARATION :

1. Préchauffer le four à 180°C. Beurrer un moule à tarte. Réserver.

2. Dans un saladier, tamiser ensemble la farine et la levure, réaliser un puits au centre.

3. Dans un autre récipient, battre les jaunes d'oeufs et le sucre en poudre en ruban (la préparation doit retomber de la cuillère en ruban).

4. Incorporer ce mélange à la farine. Ajouter du bouts des doigts le beurre en morceaux à température ambiante.

5. Tasser cette pâte dans le moule et faire cuire 25 minutes. A la sortie du four démouler immédiatement et laisser refroidir sur une grille. Ou à déguster tiède avec un thé fumant...



9/26/2017

Toasted brioche, bluberries, chestnut cream and toffee | Brioche perdue, myrtilles, crème de marron et caramel



C’était un vingt septembre, je posais ma valise et quelques cartons de livres dans un appartement au Nord de Paris. Le parquet était d’origine, en chêne verni, les murs étaient tapissés de fleurs et les portes vitrées laissent entrevoir une succession de pièces rarement occupées. Les fenêtres étant restées closes des semaines durant, une odeur particulière d’humidité et de bois se dégageait.
La cuisine laissait croire qu’elle avait été quittée à la hâte, une vieille théière sur le gaz, quelques tasses sur le plan de travail et dans l’évier en grès, une chiffe.
Par la lucarne, j’apercevais Paris qui me semblait encore immense, inconnue, impressionnante. Je me demandais alors si un jour je pourrais orienter le badaud perdu, si je serais capable de lui indiquer le chemin pour rejoindre Le Louvre, Saint-Michel, Montmartre ou le marché des Enfants Rouges.
Je débarquais dans cette gigantesque métropole avec un diplôme en poche mais aucune opportunité professionnelle se profilant à l’horizon. Je me répétais que si j’étais venue ici c’était pour cela, pour le travail et puis tout le reste : la richesse culturelle, la diversité des foules, les amitiés à nouer, mon avenir à faire fleurir.

Des années ont passé, j’ai bringuebalé ma valise ici et là. Je me rappelle de ce petit appartement de Monte Cristo, ses recoins et alcôves, sa salle de bain de la taille d’un mouchoir de poche. Des fêtes y ont eu lieu, par des chaleurs étouffantes, fenêtre sur cour et les rires qui rebondissaient sur les murs voisins. Les premiers sapins de Noël, que je portais sur l’épaule depuis la place de la Nation et que je m’évertuais à monter jusqu’au sixième étage, emballée, prise en proie à une fureur festive. Et puis les flocons de février, la délicatesse avec laquelle ils se posaient sur les toits de tôle grise s’étalant à perte de vue, les milles cheminées caractéristiques se découvrant sous cette couverture blanche. Le quartier était mouvant, j’aimais y flâner, je découvrais son dynamisme. J’avais mes habitudes au café du coin : le café/croissant quand venaient les vacances d’été, sur une terrasse à l’ombre des platanes, la boutique de vêtements, tenue par une jeune femme aux cheveux noirs de jais et la boulangerie où toujours j’allais chercher ce merveilleux pain au lait à sa sortie du four.

Les saisons défilaient à vive allure et j’ai découvert Montmartre, ses squares débordants d’enfants, la rue des Martyrs et ses commerçants aguerris, avec qui toujours j’avais un mot. Le primeur connaissait mon goût pour les fruits de saison, mes yeux ronds comme des ballons devant les premières cerises. Le petit magasin de vaisselle qui a accueilli sous ses cloches de verre layer cake, carrot cake et pain d’épice quant décembre arrivait. C’était un bal de poussettes tôt le matin et un concert de tintement de verre tard le soir. Ce quartier était véritablement rythmé par ses habitants qui en étaient le poumon.

Il n’aura pas fallu longtemps cependant avant que j’adopte le vingtième arrondissement et ses maisons cachées. J’aimais ce village, ses rues pavées. Les librairies qui bordaient les trottoirs et le fleuriste qui toujours me surprenait par ses compositions audacieuses. Les buttes Chaumont étaient à deux pas, je parcourais alors la rue de la Villette à grande enjambées pour retrouver ses montées et descentes. Des montagnes russes de nature jonchées de marrons quand l’automne renaissait. Il y avait, en contrebas de la rue de Belleville, un restaurant chinois où je dévorais de délicieux raviolis et l’aubergine braisée. Si je poussais un peu, j’arrivais à l’angle de la rue Saint-Maur et je passais des heures au comptoir du Jane Café. Véritable buvette de quartier où les habitués se retrouvaient pour se raconter les anecdotes de la semaine avant que leurs paupières n’en tombent, les vapeurs d’alcool aidant.

Les Abesses, Lamarck, furent la dernière destination de mes pérégrinations parisiennes. La maison était bordée de toute part par les commerces de bouche. J’arrivais ici pour quelques semaines, quelques mois, je ne savais pas bien encore.  L’odeur du pain chaud me réveillant quand toujours dans mes somnolences. J’avais fait de ma chambre aux murs blancs, un cocon, un nid dans lequel j’appréciais me réfugier. On y retrouvait une collection de souvenirs : des photos de mes voyages, des portraits de mes amis. J’étais toujours heureuse d’entendre la porte claquer le soir, un peu comme lorsque j’étais enfant, je savais que Constance ou Valérie rentraient. Que nous allions nous installer dans le salon et entamer d’interminables conversations autour d’un verre de vin, ou en dégustant un délicieux jambon italien, ou un plat de pâtes, souvenirs de nos escales estivales.
Sur mon balcon, perchée, j’aimais regarder l’agitation en contrebas et deviner les conversations. Souvent j’apercevais les touristes, épuisés d’avoir grimpé les hauteurs montmartiennes et se régalant d’un « Parisien », fameuse Tradition, à la mie alvéolée, tartinée de beurre et garnie d’épaule et de fromage.

L’Automne était là et portait en lui espoirs et promesses. Les feuilles brunissaient, dans un souffle l’or, le rubis et le cuivre dansaient dans le ciel. La lumière se voulait plus basse, rasant les stores des échoppes à l’heure du thé. Je recouvrais mes épaules d’une écharpe en laine et je sentais que progressivement je me détachais d’elle, de son tumulte, de son agitation. Au creux du ventre, une appréhension certaine mêlée à l’enthousiasme des nouveaux départs. 10 ans. Paris m’avait portée, exaltée, surprise, aimée. Paris m’avait appris dans la douceur et parfois la rudesse. Paris m’avait accueillie et ce soir Paris me disait au revoir. Comme une vieille connaissance, comme une amie à qui l’on dit « je t’écrirai ».

Paris me quittait quand je quittais Paris.




INGRÉDIENTS POUR 4 PERSONNES :

4 tranches de brioche
20 cl de lait
40 g de sucre
2 oeufs
125 g de myrtilles
150 g de crème de marron
Sauce caramel

PRÉPARATION :

1. Dans un saladier battre ensemble les œufs, le sucre et le lait.

2. Faire chauffer 20 g de beurre dans une poêle. Imprégner les tranches de brioche du mélange au lait sucré. Faire cuire la brioche jusqu'à obtention d'une belle couleur dorée.

3. Disposer la brioche perdue dans des assiettes et garnir de myrtilles, de crème de marron et de sauce caramel.



9/07/2017

Fig, strawberry, honey and basil salad | Salade d'été aux figues, fraises, miel et basilic




La nuit approchait, elle venait embrasser le soleil, comme pour lui dire de se retirer et laisser à la lune son tour de briller, d’allumer les voûtes astrales. Le sable était désormais frais sous nos pieds. Fin, il glissait entre nos orteils, caressait nos peaux dorées. La lagune était tel un drap de soie, ondulant avec délicatesse depuis l’horizon jusqu’à nous. Sa surface laissait admirer le reflet des brumes éparses, ses plis se voulaient sensuels, tout en volupté. Il y avait ces voiles, comme des mouchoirs, qui s’agitaient au passage des embruns. Et cette légère brise qui portait en son creux les parfums d’hortensia, de laurier et d’aster, émanant des jardins contigus.

La lune était argentée, comme une agate blanche suspendue à un fil imaginaire. Sa robe éclatante miroitait dans l’eau au calme olympien. Aucun bruit sauf celui des clapotis. Pas une silhouette alentour, nous étions seuls avec pour spectacle l’immensité. Les étoiles dansaient dans le ciel, véritable ballet de corps célestes s’exécutant à d’imaginaires arabesques,  entrechats et pirouettes.

Nous décidions alors d’agrémenter ce spectacle, de lui donner sa particularité. Délicatement, nous dépliions ces bulles de papier de soie, du bout des bras nous leur faisions prendre toute leur ampleur en invitant le vent à s’y engouffrer. Puis avec toute la dextérité que l’exercice requérait, nous allumions leur base. L’air chaud gonflait ces ballons qui soudainement s’élevaient dans l’atmosphère. Ils rejoignaient nos danseuses, s’invitaient au bal, portés par nos vœux et espoirs profonds. Nos regards fixaient ces points incandescents jusqu’à ce qu’ils s’échappent vers les coulisses, un bref salut lancés à notre intention. Les filantes firent leur entrée sur scène, époustouflantes, elles traversaient les cieux arqués avec précipitation, suivies par des étincelles, nous avions le final tout en élégance, en reflets opalins, la troupe riait, virevoltait à nous en faire tourner la tête. Les nuées, tels des jupons de tulle fin et fluide, se déplaçaient en cadence  et fermaient le mouvement.

Vint alors l’heure de baisser le rideau, de laisser aux étoiles le temps de se retrouver pour rejouer, peut être demain, leur pas de bourrée. Nous tournâmes alors le dos à l’océan et en silence nous reprîmes le chemin de la maison, éclairés par nos rêves à n’en plus finir.


INGRÉDIENTS POUR 4 PERSONNES :

12 figues de taille moyenne
150 g de fraises
250 g de ricotta
50 g de pignons de pin
Quelques feuilles de basilic
Un peu de miel

PRÉPARATION : 

1. Laver et couper les figues en deux ou en quatre selon leur grosseur. Faire de même avec les fraises.

2. Disposer les figues et les fraises dans quatre assiettes, ajouter quelques billes de ricotta (formées à l'aide de deux cuillères à café). Parsemer de petites feuilles de basilic et de pignons de pin. Agrémenter de miel à souhait.